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Pourquoi j’ai choisi de fermer ma start-up Lalou

J’ai mis longtemps à faire cette décision, et elle a été l’une des plus difficiles que j’ai eue à prendre. J’ai décidé d’arrêter Lalou, après un peu moins d’un an.

Comment Lalou a commencé

L’histoire de Lalou remonte à fin 2016, quand je travaillais encore dans le conseil en expérience client. Lassée de travailler pour des très grands groupes et de ne pas retrouver mes valeurs dans mon travail quotidien, je prépare le CAP de pâtisserie en candidat libre sans trop savoir à quoi il me mènerait. Peu à peu, je forme le projet ambitieux de lancer une marque de cookies vegans autour des valeurs « sain, bon & responsable », car d’une part il me semble ne pas trouver d’offre similaire en épicerie ; et d’autre part ce projet correspond à la fois à mes valeurs et à ma passion autour de la food.

Lalou est officiellement créé en septembre. Le lancement produit, que j’ai voulu très rapide, a lieu en janvier, et il a été plutôt réussi : nous avons de bons retours clients, les points de vente se lancent dans l’aventure, la communauté digitale grandit très rapidement…

Pourquoi arrêter à ce moment-là ?

A ce moment-là, j’ai envie d’aller vite, et de grandir dans cet univers ultra concurrentiel de la food pour imposer Lalou comme une marque incontournable. Nous enchaînons les marchés et les salons, contactons des investisseurs, j’impose un rythme de communication très soutenu… Au moment où nous avons un investisseur prêt à signer, je me rends compte que je suis épuisée.

Alors, avant de m’engager et de signer pour 2 ou 3 ans à ce rythme-là, je décide de faire le point, et le constat est douloureux : je n’ai pas eu un seul week-end depuis 6 semaines, j’ai quasiment arrêté toute activité personnelle, et globalement j’ai l’impression que mon identité se réduit à Lalou. Sans compter les perspectives financières : j’espère me payer au SMIC 6 à 12 mois plus tard, sans ressource dans l’intervalle.

J’essaye alors de travailler différemment, de me contraindre à un rythme de travail plus classique. Sans succès. Pour moi, il est impossible de dire « stop » et d’arrêter à 19h de travailler/penser à son projet quand on le porte entièrement.

Pour moi et pour retrouver une vie personnelle, j’ai donc décidé d’arrêter Lalou.

Pas de regret

Je n’ai pas de regret par rapport à cette aventure et la manière dont elle s’achève. J’ai fait des erreurs, et peut-être qu’avec des décisions différentes, je n’aurais pas eu besoin d’arrêter. Néanmoins, il n’y a de regret à avoir selon moi : sur le moment, j’ai réellement fait de mon mieux et ce que je pensais être le meilleur pour le projet.

Lalou m’a en tout cas apporté beaucoup : j’ai joué le rôle d’une commerciale, d’une responsable com, d’une comptable… Bref, je n’ai pas fait un métier, j’ai l’impression d’en avoir fait 10. L’avantage, c’est que je sais aujourd’hui la fonction qui me plaît le plus, et je n’ai pas eu de mal à retrouver un travail dans cette fonction-là, tout en restant dans le secteur qui me plaît (la food, sans surprise).

Quelle leçon en tirer ?

Aux entrepreneurs et futurs entrepreneurs, je dirais de ne pas se surestimer et de ne pas vouloir aller trop vite. Si la plupart des start-ups food mettent 1 ou 2 ans entre leur création juridique et leur lancement produit, c’est pour une bonne raison.

Enfin, je souhaite dire merci (et bon courage !) à tous les entrepreneurs et futurs entrepreneurs que j’ai rencontrés… La food est un milieu passionnant où il se passe plein de choses, et l’ambiance d’entraide et de partage entre porteurs de projets est précieuse.

La suite…

Aujourd’hui, un an après avoir pris cette décision et avoir écrit cet article, je n’ai toujours pas de regret ! J’ai gardé mon Instagram où je continue à poster mes recettes vegans, et je construis ce blog qui est peut-être une mutation de mon projet entrepreneurial, mais sans les contraintes 😄

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